Domme

Vue du plateau de Domme

Domme est une véritable Place forte naturelle au sud de Sarlat. Située au sommet d'un plateau, la bastide est difficile d'accès, ce qui lui donnait un intérêt stratégique particulier. Cela contraria également son développement.  Sa construction débuta en 1281. Mais la présence de l'homme ici remonte néanmoins au paléolithique comme en témoignent des vestiges dans des grottes qui environnent le promontoire de Domme.

La vallée de la Dordogne

La façade nord de la cité surplombe la vallée de la Dordogne. Cette falaise (La Barre) est si haute et si abrupte que personne au Moyen âge ne jugea utile de la fortifier ou de la garder. Ce qui n'empêcha pas les soldats de Geoffroy de Vivans (1543-1592) de l'escalader en 1588 au petit matin. De Vivans fut un compagnon de Henry de Navarre - futur Henry IV et participa à la plupart des luttes qui opposèrent catholiques et protestants dans la région. Ce fut l'occasion pour lui de raser l'église et le couvent. La bastide fut reprise par les ligueurs en 1590, pour être reprise la même année par le même Geoffroy de Vivans. Domme connut ensuite les soulèvements des croquants périgourdins (Jacquou, ça ne vous rappelle rien?) jusqu'au XVIIème siècle. Domme perd petit à petit son importance et la Révolution Française lui donnera son coup de grâce en lui enlevant ses privilèges de bastide. Hors des grandes voies de communication, sans industries, Domme s'assoupira victime de l'exode rural. Cela lui permet aujourd'hui d'être remarquablement conservée sur son nid d'aigle. Avec un patrimoine quasi intact, le tourisme a fait revivre ce haut lieu médiéval.

Domme vieille

A l'extrémité ouest du plateau de Domme, on trouvera les vestiges d'une forteresse médiévale du XIème siècle dont la vie et la ruine sont indépendantes de l'histoire de la bastide. Cette zone, qui s'appela Domme Vieille dès la fin de la construction des remparts de la bastide en 1310, est privée et interdite à la visite. Des panneaux vous le rappelleront. D'où la difficulté que j'ai eu à saisir une image à peu près présentable.

Porte des Tours

Vous rentrerez probablement dans Domme par la porte des Tours. Elle est flanquée de deux tours qui étaient puissamment armées. La partie basse de l'édifice est construite en utilisant la technique du bossage. Au-dessus de l'entrée se trouvait une bretèche. On peut encore voir les avancées en pierre (corbeaux) qui la soutenaient.

De deux choses l'une: Ou vous rentrerez en voiture dans Domme et vous garerez sur les parkings (payants) du Belvédère, ou vous trouverez une petite place à l'ombre à l'extérieur des remparts. La deuxième solution me parait plus intéressante. Non seulement vous ne poiroterez pas dans une file interminable en humant la fraicheur relative des gaz d'échappement, mais vous aurez tout le temps de réaliser, en marchant paisiblement, l'importance des travaux que nos ancêtres réalisèrent ici.

Le concept de bastide est typique du Sud-Ouest. Les bastides était des sortes de villes nouvelles qu'on édifia aux XIIIème & XIVème siècle pour des raisons démographiques et militaires. On attirait les populations environnantes par des abattements fiscaux qui favorisaient l'activité économiques et des libertés sociales et politiques pour le moins révolutionnaires à l'époque. La bastide était ainsi dirigée par un collège de consuls élus. Domme possédait 6 consuls qui géraient la municipalité et organisaient la justice civile et pénale.
La décision de construire une bastide relevait d'une association entre le roi et le seigneur de la région. Ainsi Domme est le fruit de la volonté du roi Philippe le Hardi qui finança les travaux, et Simon de Melun qui venait de racheter  (mars 1281) à Guillaume de Dome la partie Est de la falaise de Domme. Toute la vie de Domme oscilla ensuite entre guerres où sa position de nid d'aigle lui conférait des atouts indéniables, et exode de population car cette position la rendait difficile d'accès.

La Guerre de Cent ans verra Domme prise et reprise tour à tour par Français et Anglais. En 1347 les Anglais, sous la conduite du Capitaine Henri de Lancastre, s'emparent de la bastide tandis que les français conservent le château de Domme vieille et le camp royal (Campréal) voisin. De Campréal, ne subsistent aujourd'hui que quelques murs. Les français reprendront Domme dès l'année suivante, pour le livrer aux Anglais en 1362 dans le cadre du traité de Brétigny-Calais. Les Anglais seront boutés hors de Domme par la population sept ans plus tard, lassée par l'étouffement économique imposés par les Anglais. Les entrées et sorties des uns et des autres dureront jusqu'en 1406. En 1417 Le gouverneur Bertrand d'Abzac livre le château et la cité aux Anglais. Les Français reprendront la ville en 1437 et le château en 1438. D'Abzac sera mis à mort et sa châtellerie confisquée au profit du Roi de France. Campréal sera abandonné par les troupes, et Domme pourra se reconstruire avec ses avantages et inconvénients géographiques.

Les guerres de religion vont de nouveau mettre Domme au centre des convoitises des uns et des autres. Geoffroy de Vivans, Capitaine protestant s'empare de Domme en 1588, d'une façon que nous avons décrite au début de cette présentation. La ville est conquise par les catholiques en 1590. Geoffroy la reprendra la même année pour la céder deux ans plus tard à un seigneur catholique rallié au roi Henry IV.

Vous commencez peut-être votre promenade en faisant le tour de la bastide en empruntant des voies le long des remparts de la façade Sud.

Porte de la Combe

Après la Porte des Tours, vous arriverez à la Porte de la Combe. Celle-ci est la plus petite des trois portes principales de Domme. Les trous dans le mur au-dessus de cette porte laissent à penser qu'il y eut peut-être là une bretèche. La bretèche est un ouvrage militaire en bois posé en avant et en surplomb d'un passage. Par cette porte, on pouvait accéder, à l'extérieur, aux sources et aux fontaines fournissant de l'eau potable.

Porte Delbos

En continuant votre promenade par le chemin de ronde , vous trouverez la Porte Delbos. Flanquées d'archères de part et d'autre de l'entrée principale, elle disposait d'une herse manoeuvrée par le haut. Vous aurez peut-être constaté, à l'examen des trois portes, que Domme ne possédait pas de pont-levis.

jardin du Couvent

Du Couvent des Augustins (détruit par Geoffroy de Vivans), il ne reste aujourd'hui que les jardins. Les Augustins revinrent à Domme en 1617 et obtinrent des Consuls d'ouvrir un collège. Les batiments existent toujours aujourd'hui mais ne peuvent être visités, ni les jardins d'ailleurs. Vous pourrez néanmoins les approcher et les voir au-travers de grilles donnant sur la Rue Paul Reclus.

La Halle

En sortant de cette rue, vous déboucherez sur la Place de la Halle. An coeur de la ville, cette place étaient autrefois très animée et les notables y avaient leur logement. Aujourd'hui, la halle restaurée en 1954 surplombe la grotte de Domme. Avec 450m de galeries, cette grotte est couverte de stalagtites, colonnes et draperies qui témoignent du travail souterrain patient et plusieurs fois millénaire de l'eau.

Notre Dame de l'Assomption

A votre gauche vous découvrirez également l'Eglise Notre Dame de l'Assomption. Elle fut construite en 1622 à l'emplacement de l'ancienne église rasée par Geoffroy de Vivans (encore lui) par un Maître-maçon de Monpazier. Vous remarquerez sa façade en clocher-mur. Le cimetière qui entourait l'église a été déplacé au XVIIIème siècle à l'extrémité Est de la ville.

La maison commune

En descendant vers le Sud en empruntant la Grand'rue, vous croiserez immanquablement la Rue des Consuls. Dans celle-ci, vous pourrez admirer la façade de la maison commune également de type clocher-mur. Là se réunissaient les consuls de la ville. De part et d'autre de la porte en arc brisé sont creusées des fenêtres de style gothique.

Fenêtre du Relais des chevaliers

En reprenant la Grand'rue, au croisement avec la Rue Geoffroy de Vivans, vous remarquerez cette drôle de fenêtre à croisées de meneaux. Les petites sculptures de personnages - quatre au total - sont typiquement périgourdines.

Place de la rode

Nous terminerons notre promenade sur la Place de la Rode. Bigre, deux places pour une même bastide, voilà qui est peu commun. Cette place est à équidistance des trois portes de la cité. Un quatrième, la Porte de la Paillote, n'existe plus aujourd'hui. Contrairement à la Place de la Halle, ici habitaient les petites gens et les pauvres. S'y déroulaient les foires (quatre par an) et les marchés (un par semaine), ainsi que les supplices (celui de la roue, d'où le nom de la place).

 

Voilà! j'espère que ce petit reportage vous a donné envie d'aller visiter Domme. A bientôt de vous y croiser.

 

 

 

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